
Ce qu’un vote sur la souveraineté technologique nous dit de l’Europe d’aujourd’hui

Aujourd’hui, les députés européens ont voté un rapport stratégique appelant l’Europe à renforcer sa souveraineté numérique. Ce rapport est solide et étayé, mais le processus qui a conduit à son adoption a été franchement étrange.
Un rapport solide…
Le rapport de la commission parlementaire de l’industrie pose un constat sans appel: quatre-vingts pour cent des infrastructures et technologies numériques de l’Europe sont importées. Nous sommes exposés au chantage américain, à l’espionnage chinois, au sabotage russe ou tout simplement aux ruptures des chaînes d’approvisionnement.
Le rapport liste tout une série de politiques cruciales à mettre en place pour l’avenir numérique de l’Europe. Il appelle la Commission à cartographier les dépendances de l’Europe dans des domaines clés comme les services de stockage, les systèmes de paiement, les plateformes de communication ou les logiciels. Il invite également l’UE et les États membres à construire des infrastructures numériques publiques dans des secteurs tels que les semi-conducteurs, l’infrastructure cloud et les centres de données, afin de garantir à la fois la souveraineté et un environnement de marché favorable à la concurrence.

Le député européen Michał Kobosko, qui a négocié le texte au nom de Renew, a déclaré : « Les récentes tensions géopolitiques montrent que la question de la souveraineté numérique de l’Europe est d’une importance capitale. Avec ce rapport, nous définissons la position du Parlement et soulignons la nécessité d’agir dès maintenant pour réduire la dépendance technologique de l’Europe à l’égard d’acteurs étrangers. Si nous ne le faisons pas, nous risquons de devenir une colonie numérique. »
Michał KoboskoRenew Europe MEP, Poland, Polska 2050
… un processus politique étrange
La substance du rapport est néanmoins éclipsé par la manière dont il a vu le jour. La députée européenne en charge du texte n’est autre que Sarah Knafo, une responsable politique pro-Trump ayant des liens avec l’entourage d’Elon Musk. Lors du processus de rédaction, elle a été mise à l’écart par les groupes pro-européens, son rapport a été entièrement réécrit… et pourtant Sarah Knafo a laissé son nom sur le rapport.
Renew a déposé un amendement pour tester jusqu’où cette logique pouvait aller. Notre amendement affirme clairement que le propre parti politique de Sarah Knafo relaye la propagande russe et MAGA. Cet amendement a été adopté… et pourtant Sarah Knafo a laissé son nom sur le rapport.

Le député européen Christophe Grudler, notre coordinateur pour la commission de l’Industrie et de la Recherche, a déclaré : « Sarah Knafo n’a écrit pas une seule ligne de ce rapport mais prétend pourtant qu’il est le sien. Elle dispose désormais d’un rapport final qui condamne son propre parti. De deux choses l’une, soit elle n’a pas lu le rapport que nous avons rédigé à sa place, soit elle se moque du travail parlementaire. »
Christophe GrudlerRenew Europe MEP, France, Mouvement Démocrate
Renew Europe appelle Sarah Knafo à retirer son nom d’un rapport qu’elle n’a pas écrit elle-même.