
Douze ans après : première évaluation de l’impact de la planification maritime de l’UE sur la pêche

Cela fait désormais 12 ans que les règles européennes en matière de planification spatiale maritime ont été adoptées. Aujourd’hui cependant, les usages de la mer et les activités maritimes ne cessent de se développer, entraînant des conflits d’usage qui affectent la pêche et l’aquaculture, lesquelles perdent du terrain et ne disposent d’aucune place garantie dans la planification de l’espace maritime. Aujourd’hui, les Libéraux et Démocrates ont appelé à un changement fondamental, et le Parlement européen a adopté sa première évaluation de la mise en œuvre de la directive sur la planification de l’espace maritime du point de vue de la pêche et de l’aquaculture.

La députée européenne Renew Stéphanie Yon-Courtin, rapporteure du rapport de mise en œuvre et vice-présidente de la commission de la pêche, a déclaré :
« La pêche et l’aquaculture doivent être officiellement reconnues dans le droit de l’UE comme des secteurs stratégiques essentiels à la souveraineté alimentaire et au développement des régions côtières — avec un espace garanti dans les plans de planification maritime, des zones prioritaires pour la pêche et l’aquaculture, ainsi qu’une implication obligatoire des professionnels dans la gestion de l’espace maritime. »
Stéphanie Yon-CourtinRenew Europe MEP, France, Renaissance
À l’approche du futur Pacte européen pour l’océan (EU Ocean Act), nous appelons à une révision de la directive sur la planification de l’espace maritime. Cette révision doit garantir une planification de l’espace maritime plus coordonnée et équilibrée, une pleine participation des professionnels de la pêche et des parties prenantes aux décisions de planification, un renforcement des stratégies de planification transfrontalières et macro-régionales, ainsi qu’une place garantie pour la pêche et l’aquaculture dans l’espace maritime.
« Les pêcheurs et les producteurs aquacoles ne doivent pas être sacrifiés dans la planification de l’espace maritime. La coexistence équitable des activités est essentielle pour l’avenir de nos secteurs maritimes, le respect de ceux qui travaillent en mer et la santé de nos écosystèmes marins », a ajouté Stéphanie Yon-Courtin.
Ce rapport de mise en œuvre évalue l’application de la directive sur la planification de l’espace maritime depuis 2014 du point de vue de la pêche et de l’aquaculture et identifie trois problèmes principaux : une mise en œuvre fragmentée entre les États membres ; l’absence d’espaces dédiés à la pêche, progressivement évincée par les énergies offshore, le transport maritime, les aires marines protégées et les opérations de défense ; ainsi qu’un manque de données harmonisées dans les décisions de planification pour protéger les communautés de pêcheurs. Sans une meilleure planification, la souveraineté alimentaire de l’UE et la viabilité des communautés côtières sont menacées. Le rapport souligne également l’érosion côtière et le changement climatique comme des menaces croissantes pour les ressources marines auxquelles la planification maritime doit répondre de toute urgence.
L’adoption de ce rapport envoie déjà un signal fort et oriente les prochaines discussions avant le Pacte pour l’océan : planifier en tenant compte de la pêche et de l’aquaculture afin de garantir les communautés de pêcheurs européennes et la souveraineté alimentaire pour les générations futures.