
Package Souveraineté Technologique : une avancée là où un bond était nécessaire

Le package Souveraineté Technologique, longtemps attendu et présenté aujourd’hui par la Commission, constitue une bonne base, mais la réponse européenne nécessaire pour réduire la dépendance aux fournisseurs non-européens en matière d’infrastructures numériques critiques doit être beaucoup plus ambitieuse, avertissent les Libéraux et Démocrates au Parlement européen. L’Europe doit accélérer de toute urgence le développement et la demande de solutions européennes, notamment en retrouvant une position de leader dans la production de semi-conducteurs, en renforçant la résilience de l’écosystème manufacturier électronique, et en garantissant une infrastructure cloud et numérique européenne solide et sécurisée.
Nous regrettons par ailleurs que la Commission ne définisse pas clairement ce qu’est un cloud souverain.
Renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe et trouver le juste équilibre entre ouverture et souveraineté permettra aux citoyens, aux entreprises et aux industries de tirer pleinement parti de la révolution de l’IA, tout en réduisant la dépendance aux acteurs non-européens. Dans le même temps, cela garantira que des secteurs vitaux, comme les télécommunications, l’énergie et l’administration publique, restent sous juridiction européenne exclusive, protégés de toute ingérence étrangère.
Valérie Hayer, Présidente du groupe Renew Europe, déclare :

« Aujourd’hui, toute politique industrielle est aussi une politique de souveraineté. En investissant dans les semi-conducteurs, l’Europe n’investit pas seulement dans la technologie, mais dans son indépendance et son pouvoir économique. Il s’agit d’une première étape importante pour accorder plus de poids aux critères de sécurité stratégique, y compris le développement et le contrôle des logiciels, du matériel et des infrastructures cloud critiques au sein de l’Europe. Ceux-ci doivent devenir la pierre angulaire d’une stratégie technologique européenne qui renforce la résilience, préserve la souveraineté et stimule notre compétitivité. »
Valérie HayerRenew Europe MEP, France, Renaissance
Bart Groothuis, député européen (Commission ITRE, négociateur du Chips Act), ajoute :

« Ce n’est pas une législation comme les autres. C’est un choix fondamental pour l’avenir de l’Europe. Le Chips Act ne vaut rien sans une loi sur le développement du cloud et de l’IA. Ensemble, ils déterminent la création de la demande pour les technologies européennes avancées en matière d’IA, de cloud et de semi-conducteurs.
La vraie question est : cela contribuera-t-il à construire nos propres grands modèles de langage ? Aujourd’hui, il est impossible d’entraîner un LLM en Europe en respectant toutes les règles existantes. Il faut régler ce problème – ou faire face à une colonisation technologique. »
Bart GroothuisRenew Europe MEP, Netherlands, Volkspartij voor Vrijheid en Democratie
Christophe Grudler, coordinateur de la commission ITRE, conclut :

« Si je me réjouis des annonces d’aujourd’hui, nous devons élever nos ambitions de manière significative : l’Europe doit être capable d’exploiter et de maintenir ses infrastructures numériques critiques de manière indépendante des pays tiers, en particulier pour le secteur public.
Je regrette également l’absence de propositions ambitieuses sur l’Open Source. N’oublions pas que Linux alimente nos centres de données. Mais dépendre de technologies Open Source dont la gouvernance et les contributions sont dominées par des entités américaines ou chinoises, ce n’est pas de la souveraineté. J’appelle la Commission à proposer des mesures supplémentaires pour soutenir les contributions européennes aux technologies Open Source. »
Christophe GrudlerRenew Europe MEP, France, Mouvement Démocrate