Plan de relance Orbán : Renew Europe demande à la Commission de rester ferme

Auteur : Linda Aziz-Rohlje

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A l’occasion d’un débat sur les plans de relance nationaux, les députés européens ont entendu le Commissaire aux affaires économique, Paolo Gentiloni sur le plan de relance envoyé par Viktor Orbán à Bruxelles pour approbation. Le débat a principalement tourné autour du risque de fraude que représente ce plan de 7.2 milliard d'euros.

Le règlement européen établissant une facilité pour la reprise et la résilience contient une liste de critères que les États membres doivent respecter s’ils veulent toucher l’argent européen de la relance. L’existence de solides mécanismes anti-corruption et anti-fraude dans le pays demandeur est l’un de ces critères.

Luis Garicano, un des négociateurs du plan de relance pour le Parlement européen et l’auteur de l’amendement sur le critère anti-corruption, a rappelé : “Le critère anti-corruption est un des plus exigent du plan de relance. Parce que c’est un critère éliminatoire. C’est oui ou non, blanc ou noir. Soit le plan du pays en question a des systèmes anti-corruption avérés suffisamment efficaces, soit il n' en a pas. il n’y a pas de voie médiane ici”.

S’adressant au commissaire, il a rappelé : “si vous donnez un satisfecit au régime Orbán sur la corruption, vous irez à rebours du corpus de preuve accumulé par vos services depuis des années.

Cette année encore la Commission a qualifié de "systémique", la corruption dans la Hongrie de Viktor Orbán. La Hongrie figure depuis plusieurs années en haut de la liste des pays dans lesquels l’OLAF trouve des irrégularités dans la gestion des fonds européens. La semaine passée, une alliance d’ONG luttant contre la corruption ont écrit au commissaire Gentiloni pour lui demander de ne pas approuver le plan hongrois avant que des mesures concrètes soient mise en place pour lutter contre la corruption et protéger l’argent européen.

Valérie Hayer, membre du groupe de suivi sur les plans de relance, a rappelé l'utilité des sanctions européennes en citant le récent exemple Polonais : "Il y a encore en Europe des zones anti-LGBT. Des zones qui s'attaquent aux droits les plus fondamentaux d'Européens en raison de ce qu'ils sont. Or ces zones sont en train d'être démanteler les unes après les autres. Et ce grâce aux menaces de sanctions au budget européen. Notre budget est un levier d'action efficaces, utilisez-le !".

Contexte :

Le 27 juin dernier, Renew Europe a envoyé une lettre (en anglais) à la Présidente de la Commission pour l’alerter du risque de corruption que présentait le plan hongrois et lui demander de suspendre son approbation. La lettre de Renew Europe dressait une liste de conditions pour que la Commission donne son feu vert au plan hongrois, dont :

  1. Donner l’accès des bénéficiaires finaux du plan de relance hongrois à l’office de lutte anti-fraude de l’EU (OLAF).
  2. Interdire aux personnes que l'OLAF a déjà jugé coupable d'irrégularités lors de l'utilisation des fonds européens de percevoir des fonds liés au plan de relance européen.
  3. Réviser les lois hongroises qui empêchent les journalistes d’investigation et les ONG d’avoir accès à des informations publiques qui permettrait la surveillance du bon usage des fonds publics et européens.

Depuis la lettre de Renew Europe, la Commission a repoussé deux fois l’approbation du plan hongrois.