Pas de fonds de relance tant que le gouvernement polonais du PiS ne se conforme pas à tous les arrêts de la Cour européenne de Justice

Auteur : Caroline Rhawi

Date :

Partager :

1766 thumb 8bca

Les rapports d'un accord entre la Commission européenne et le gouvernement polonais sur des mesures qui permettraient le déblocage du plan de relance de 36 milliards d'euros pour le gouvernement PiS, malgré sa constante mise à mal de l'état de droit, demeurent inquiétants.

Renew Europe, ainsi qu'une série d'experts, doutent sérieusement que les mesures convenues soient suffisantes afin de rendre la Pologne conforme aux normes de l'UE et aux arrêts de la Cour européenne de Justice.

Notre groupe exige de toute urgence une explication détaillée de la part de la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen. La présidente devrait se présenter devant le Parlement européen lors de la session plénière de la semaine prochaine et ainsi clarifier tous les détails de cet accord, mais aussi les conditions précises de versement des fonds européens.

Nous ne devrions pas accepter que de simples modifications superficielles et inadéquates soient apportés au système juridique extrêmement politisé de la Pologne en échange des fonds de l'UE. Nous ne parviendrons pas à nous opposer aux autocrates à l'étranger en apaisant ceux qui déconstruisent la démocratie chez nous. Nous défendrons les droits des citoyens polonais de l'UE qui souhaitent la liberté et les droits démocratiques.

Róża Thun und Hohenstein (Pologne, Polska2050), membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE), a commenté l'accord :

"Nous avons lutté contre l'oppression communiste parce que nous voulions vivre dans un pays démocratique qui respecte l'État de droit. Nous avons entrepris tous les efforts pour adhérer à l'UE parce que nous croyions qu'elle est une garantie de paix et de nos valeurs communes. Nous avions confiance qu'en cas de danger de dérives de la séparation des pouvoirs, ceux qui sont les gardiens des traités protégeraient les tribunaux libres et indépendants partout dans l'UE. Si cela ne devait plus être la priorité, la construction unique et merveilleuse qu'est l'Union européenne commencerait à pourrir. Et c'est la dernière chose dont nous avons besoin, ainsi que ceux qui viendront après nous."

Sophie in 't Veld (Pays-Bas, D66), coordinatrice de Renew Europe au sein de la LIBE, a conclu :

"Ursula von der Leyen s'est engagée à ne faire aucun compromis sur l'Etat de droit. C'est exactement un tel compromis qui est maintenant en préparation avec la Pologne ; un accord politique à court terme avec des dommages irréparables à l'UE en tant que communauté de droit. La Présidente fait perdre de la crédibilité à sa Commission en tant que gardienne des traités de l'UE et de son ordre juridique. Elle devrait être tenue de rendre des comptes à ce sujet".